Vermette, Augustin
(1891 - 1986)
À sa naissance on lui a donné les noms Joseph Augustin. Ses voisins et ses amis ont raccourci son prénom à « August » et il utilisa ce nom pour toutes fins pratiques.
Né à Saint-Pierre-Jolys le 9 février 1891, il était le fils cadet de Toussaint Vermette et d’Élise Tourond. Il est allé à l’école jusqu’à l’âge de 13 ou 14 ans. Ses études étaient entièrement en français à l’École de Saint-Pierre-Nord. Lorsqu’il quitta l’école pour aider son père à la ferme, sa connaissance de la langue anglaise était alors limitée. Avec le premier dollar qu’il gagna, il s’abonna au journal Prairie Farmer pour continuer à apprendre la langue qui devenait la langue des affaires au Manitoba.
Il a premièrement épousé Maria Desjardins de La Broquerie en 1914. Elle est décédée de tuberculose sept mois plus tard n’ayant mis au monde aucun enfant.
Augustin cultiva la terre léguée par son père avec des chevaux, car il n’avait jamais voulu un tracteur. Il évitait les dettes. Augustin se remaria le 14 janvier 1918. Philomène Gladue, une nièce de Louis Riel, était sa nouvelle épouse et ensemble ils ont élevé dix enfants – cinq garçons et cinq filles.
Il était un grand lecteur, dévorant tous les livres qu’il pouvait obtenir. Il aimait beaucoup les politiques aussi et il connaissait presque chaque projet de loi présenté à la Chambre des Communes. Il les étudiait méticuleusement avant et après qu’ils soient adoptés. Ceci lui mérita le nom d’ « avocat » qu’il n’aimait pas, car les compliments le rendaient très humble.
Il est devenu commissaire d’école, président de la commission scolaire ainsi que secrétaire-trésorier de l’Union nationale métisse de Saint-Joseph pour plusieurs années.
Augustin Vermette était un supporteur inébranlable du Parti libéral et n’avait jamais voté pour le Parti conservateur. Il référait à ce dernier comme étant « le parti qui pend les gens ».
Il était intelligent avec un sens de justice remarquable et il était un peu philosophe. Il avait un sens d’humour agréable. Il aimait les enfants et rien ne lui faisait autant plaisir que d’avoir leur attention et de leur raconter des histoires vraies ou imaginaires. Il les taquinait constamment.
Après l’avoir rencontré, personne ne lui demeurait indifférent. Soit qu’on l’aimait ou soit qu’on le détestait. Il était fier de ses origines, un Métis qui parlait le français. Il racontait souvent l’histoire de Louis Riel, la nation métisse et les nombreuses injustices infligées à son peuple par les gouvernements et les forces militaires canadiennes.
Sa bien-aimée Philomène est décédée en 1963. Deux ans plus tard, il laissa la paroisse où il est né et la terre qu’il avait cultivée pendant 51 ans. Il est déménagé à la ville où vivaient plusieurs de ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. De nombreuses photos recouvraient une partie des murs de sa chambre. Il se souvenait de chacun par leur prénom.
En 1966 il se remaria pour la 3e fois avec une ancienne voisine, Élise Dumont.
Il est décédé le 21 juillet 1986 dans sa « 96e année » comme il aimait dire, car il avait encore toutes ses facultés mentales. Il légua à sa famille le sens de fierté de leur descendance : des Métis francophones, descendants de Premières Nations.
Il parlait le métchif, le français, l’anglais et un peu de cree. Il enchantait sa famille avec des histoires des « Métchifs » et tout particulièrement le rôle joué par son grand-père Antoine Vermette à la Rivière-Rouge au temps de Louis Riel.