T’connais tchu ça?
- Chronique mensuelle de l’Union nationale métisse Saint-Joseph
Auteure : Arianne Mulaire
octobre 2006
L’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) poursuit son mandat « de resserrer les liens d’amitié » en organisant des activités diverses, malgré les efforts constant du gouvernement manitobain d’assimiler les Métis aux anglophones. Elle continue aussi ses efforts à se faire entendre par les gouvernements ainsi que par le peuple Métis.
La société historique métisse, mise sur pied par l’UNMSJM dès 1909, est constituée le 31 janvier 1931. L’année suivante, l’Union participe à une protestation contre des lois anti-francophones et anti-religieuses promulguées par le gouvernement Anderson en Saskatchewan. Malheureusement, ces lois sont adoptées en dépit des efforts de l’Union et de plusieurs habitants de Saskatchewan et du Manitoba. Malgré tout, l’Union n’arrête pas de faire sentir son influence en Saskatchewan. Elle commémore le cinquantième de Batoche en 1935.
En 1936, le manuscrit du livre par Auguste Henri de Trémaudan, L’histoire de la nation métisse, est finalement prêt pour sa publication. Le livre n’est pas bien accueilli par tous ici au Manitoba et, en fait, il entraîne de chauds débats. Au cours de l’un d’eux, tenu au Collège universitaire de Saint-Boniface, s’affrontent le père Gabriel Morris OMI et le président de l’Union nationale à ce temps, Guillaume Charette, dont la famille était établie à La Rochelle. Cette séance animée portait sur la question de l’histoire et la nation des Métis. Le père Morris était d’avis que les Métis ne constituaient pas une nation.
Toujours suite à la publication du livre de Trémaudan, le rédacteur du journal Liberté et le Patriote, Donatien Frémont, un français, se permet d’exprimer dans ses éditoriaux qu’il n’était pas d’accord avec la cause métisse. Tel était son désaccord avec les Métis qu’il va jusqu’à les traiter publiquement d’ignorants et de sauvages. Il ne faut pas oublier qu’à ce temps-là, le journal appartenait aux Oblats et les éditoriaux du rédacteur représentaient donc l’opinion du journal. Les Métis, de leur côté, décident donc d’annuler leur abonnement au journal et de démissionner en bloc du conseil d’administration de l’Association d’éducation des canadiens français du Manitoba.
Pour mettre ce débat en contexte, il ne faut pas oublier que durant la résistance à Batoche en 1885, les prêtres (Oblats) de la Paroisse Sainte- Antoine de Padoue s’alignent du côté de l’armée de Middleton afin de préserver l’église et le presbytère. Cette situation cause de sérieux froids entre les leaders métis qui étaient majoritairement de fervents pratiquants catholiques et les autorités religieuses locales.
Quelques autres événements prennent place dans les années qui suivent : L’UNMSJM célèbre son cinquantième en 1937. Ensuite, en 1938, l’Union participe au bi-centenaire de l’arrivée de La Verendrye. L’importance de ce personnage aux Métis est claire; les fils de Pierre, Sieur de La Verendrye, sont en fait une des premières générations de Métis dans la région de l’Ouest canadien.
Et l’histoire continue...