T’connais tchu ça?
- Chronique mensuelle de l’Union nationale métisse Saint-Joseph
Auteure : Arianne Mulaire
mai 2006
Dès le début des 1900, la jeune génération de canadiens-français démontraient un désir ardent de connaître, en toute vérité, les événements de 1869-70. L’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) charge donc un comité historique, sous la présidence de Guillaume Charrette, d’organiser une conférence pour clarifier les événements. C’est le 25 novembre 1923 que M. Charette donne donc une conférence dans la salle du Collège des Jésuites à Saint-Boniface. Il décrit les événements dans un ordre chronologique. Les jeunes qui se présentent restent surpris d’apprendre un autre côté de l’histoire qui n’était pas encore connue.
C'est grâce à cette conférence et à une idée lancée par Ambroise Didyme Lépine, ancien lieutenant de Louis Riel et premier président de l’UNMSJM, que cette dernière décide qu’il est temps d’écrire un livre qui servirait à éclairer la population entière sur les événements de 1869-71 et de 1885.
Le Comité historique s’efforce donc de rassembler autant de documents et de témoignages existants sur ces événements. Mais, ceux-ci ne sont pas nombreux. Ils choisissent donc de recueillir des lettres et des documents officiels. La majorité de ces documents récupérés, venant de la plume d’ennemis des Métis, malheureusement noircissent leur histoire. Après une inspection de tous ces documents, il devient évident qu’ils se contredisent souvent l’un l’autre et que l’on ne peut donc pas les utiliser pour écrire le livre. Le comité collectionne donc autant de témoignages que possible. Entre-temps, il cherche une personne qui pourrait écrire cette histoire controversée.
Auguste de Trémaudan était passionné de l’histoire métisse. Il avait acquis, au cours des années, plusieurs livres au sujet des Métis. Lors de son départ pour la Californie en 1924, Trémaudan se rend à l’évidence qu’il peut difficilement déménager ses trois cents volumes, en plus de la bonne quantité de documents qu’il avait accumulés. Enfin, à contre coeur, il décide de vendre ses livres au sujet des Métis. Quant à lui, le comité historique de l’UNMSJM était le meilleur choix pour ses livres qu’il valorisait tant.
Quelque temps plus tard, l’UNMSJM approche Monsieur Trémaudan pour qu’il écrive l’histoire des Métis. Il songe longtemps à cette question et même en discute avec Joseph Riel. Au printemps de 1927, Trémaudan commence à rédiger son œuvre qui se traduit ultimement dans son livre, intitulé, L’Histoire de la nation métisse dans l’Ouest canadien.
L’annonce de la publication de ce livre ne plaît pas à tout le monde. Certains craignent que les Métis révèlent des choses scandaleuses. De son côté, Auguste de Trémaudan affirme qu’il ne fait que ce qu’on lui avait demandé de faire : dire la vérité comme il la connaissait. Il prend aussi la responsabilité totale pour ce qui est écrit dans L’Histoire de la nation métisse dans l’Ouest canadien.
Auguste déclare dans la préface du livre que si l’on avait laissé faire Louis Riel et les Métis, le Canada aurait aujourd’hui « une seconde province de Québec dans l’Ouest canadien. », autrement dit : une autre province francophone!
…et l’histoire se continue.