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Court historique de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba

Le 17 juillet 1887 un groupe de patriotes Métis se réunissaient à la résidence de M. Joseph St-Germain, à Saint-Vital.

Après une longue discussion sur les différents moyens à prendre pour rétablir la confiance des métis et les orienter vers l’avenir, il fut décidé de fonder une société qui se nommerait l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba. Les noms de ceux qui assistèrent à cette réunion d’organisation méritent de passer à la postérité, ainsi je me permets de les citer. Ce furent MM : Joseph St-Germain (père), François Poitras, Joseph Riel, Alfred Nault, Benjamin Nault, Jean-Baptiste Plouffe, François Marion, Martin Jérome, Abraham Guay, Auguste Harrison, Elzéar Lagimodière, Joseph McMullen, Pierre St-Germain, Pierre Lavallée et Pierre Delorme. Ce sont là les fondateurs de l’Union nationale métisse et à ce titre, ils ont droit à notre reconnaissance.

Leur premier acte fut d’organiser une fête nationale, que l’on célèbra le 24 juillet, commençant par une messe chantée à la chapelle de St-Vital par M. l’abbé Dugas, qui fut choisi comme 1er chapelain. *La chapelle était située sur le bord de la Rivière Rouge. Pour cette première fête, M. Antoine Parenteau fournit un bœuf, à condition d’être payé dix dollars après la fête.

On prépara plus tard une constitution qui fut adoptée le 1er mars 1888. Comme il serait trop long d’en donner tous les détails, je me permets de vous en faire connaître seulement le but, tel qu’il est décrit; « Le but de la société est de resserrer les liens d’amitiés qui unissent déjà les enfants de la nation Métisse du Manitoba; de leur donner les avantages qui résultent généralement de la société; de leur permettre de se connaître, de s’apprécier davantage par un échange plus fréquent des rapports de la vie; d’affirmer davantage la vitalité de la nation Métisse. Les moyens qu’emploiera l’association pour parvenir à ces résultats seront des réunions, des discussions de questions qui intéressent les secours d’assistance, de conseils et de charité que les membres se rendront entre eux et le chômage d’une fête particulière tous les ans. »

Dans un autre paragraphe on établit que tous les endroits de la province seront représentés. Un membre, pour être accepté, doit avoir les qualifications suivantes : Il doit être Métis français ou Canadien-français, établi dans le pays avant 1870 et être catholique fidèle. L’Union Métisse se place sous le patronage de St-Joseph et doit chaque année demander à l’Archevêque de Saint-Boniface d’agir comme Président d’honneur. On décida aussi de faire chanter une messe solennelle le jour de la fête nationale et a engager chaque membre à y assister.

Nous allons résumer rapidement les évènements importants que marquent l’histoire de l’Union Nationale.

Le 1er juin 1891, on mentionne l’expédition d’un monument pour être posé sur la tombe de Riel, don d’un groupe d’amis de Montréal.

Le 19 mars 1894, assemblée spéciale dans le but de discuter les moyens à prendre pour rendre les Métis plus influents dans les affaires publiques et le domaine de la politique. L’assistance est nombreuse et on y signale des représentants des différents partis politiques. La résolution adoptée à l’unanimité. Les Métis sont toujours de bons chrétiens soumis et respectueux envers les dirigeants de l’Église catholique.

En 1894 ils font chanter une messe pour le repos de l’âme de Monseigneur Taché. Le 1er mars 1895, on décide de préparer une adresse devant être lue au sacre de Monseigneur Langevin.

Le 26 août 1906, on propose l’inscription dite de la « Barrière » qui doit être placée sur la croix à St-Norbert.

Le 13 juin 1909, M. Roger Goulet préside pour la première fois l’assemblée. Une résolution est passée pour ré-organiser l’Union Métisse sur une base plus large. Un comité de cinq membres est nommé pour étudier la chose. La même année Monseigneur Dugas demande à l’Union Métisse d’offrir l’autel St-Joseph de la Cathédrale ($1,600). L’union accepte et un comité est formé. Tous les centres métis sont représentés. Il est décidé de donner des prix à ceux qui auront plus de succès.

La réponse fut magnifique et le but atteint. L’organisation de St-Boniface et des environs était sous la direction de Mme Joseph Mouard, organisatrice pour l’Union de St-Vital, qui gagna le premier prix en amassant $500.00.

Le 9 mars 1910, réunion de l’Union Nationale présidée par Roger Goulet; adoption de la constitution et discussion à propos d’un drapeau.

Le 25 mai 1910, le drapeau est présenté à l’Union par André Nault. A cette même assemblée, on discute comment faire connaître la vérité sur l’histoire de l’Ouest et on forme un comité pour s’occuper de cet important travail.

Le 17 juillet 1915, on vote une somme de $25.00 à l’Association d’Éducation de l’Ontario pour l’aider dans ses luttes. À la réunion du 8 avril 1916, une lettre est adressée à Monseigneur Béliveau, élu Archevêque de Saint-Boniface, lui transmettant les félicitations et meilleurs vœux des membres de l’Union Métisse. A cette même assemblée l’Union Nationale proteste fortement contre la violation de l’acte du Manitoba de 1870. On félicite aussi les députés de langue française de leur courage dans la défense de nos droits.

Le 4 mars 1918, formation d’un comité pour organiser la célébration du centenaire de l’arrivée des missionnaires sur les bords de la Rivière Rouge.

Le 20 mars 1920, le comité permanent, nommé en 1918, fait rapport de son travail et ses progrès - Pour le 50e anniversaire de la fondation de la province de Manitoba. MM. le Juge Prud’homme, A. de Trémaudan et Guillaume Charrette acceptent de porter la parole.

Le 12 juillet 1920, célébration du cinquantenaire : messe à l’église de St-Norbert, banquet en plein air près de l’église. Monseigneur l’Archevêque est présent ainsi qu’un bon nombre de prêtres. Plusieurs questions importantes sont référées au comité permanent de la Société historique; le comité décide de refaire l’inscription de la croix de St-Norbert.

Le 17 avril 1921, M. Alexandre Nault offre un terrain au comité historique, pour lui aider à honorer ses obligations. Le président le remercie chaleureusement. Désormais les activités se concentrent autour du comité historique dont le travail est constant, et qui est toujours sur la brêche.

En 1924, on pose une nouvelle croix à St-Norbert, et on y marque par des discours et une célébration appropriée, le sens de cet événement.

En 1925, M. Guillaume Charrette donne une conférence au Collège de St-Boniface sur les évènements de 1869-70.

En 1927, M. de Trémaudan accepte d’écrire l’histoire de la race métisse dans l’Ouest canadien.

En 1929, une délégation importante se rend à Batoche dans le but de visiter les lieux des évènements de 1885 et de recueillir le témoignage des survivants de ces évènements.

En 1931, protestation contre les lois anti-religieuses et anti-françaises du gouvernement Anderson de la Saskatchewan.

En 1932, admission des dames dans l’Exécutif.

En 1933, l’histoire de la nation Métisse dans l’Ouest Canadien est terminée.

En 1935, célébration du cinquantenaire de Batoche (1885).

En 1937, célébration du vinquantenaire de l’Union Métisse.

En 1938, participation au deuxième centenaire de LaVérendrye.

En 1940, la guerre survient et suspend presque toutes les activités.

En 1943, on décide de placer les livres à la bibliothèque provinciale, édifice du parlement. La famille Riel décide d’y placer aussi les documents qu’elle possède. Les documents de la famille Riel sont donc placés à la librairie provinciale avec ce proviso qui est inscrit dans les minutes; à savoir que les documents appartenant à la famille Joseph Riel ne peuvent être sortis de la librairie sans la permission expresse du comité composé de MM. Honoré Riel, Camille Teillet et Alexandre Nault.

En 1944, à l’occasion du centenaire de la naissance de Louis Riel, une plaque est placée sur les murs de la Basilique. Une belle cérémonie religieuse et patriotique réunit deux cents délégués venus de partout. M. le chanoine Lionel Groulx rappelle, en termes éloquents les services rendus par Riel.

En 1949, l’Union prend part à une cérémonie rappelant le centenaire du procès Sayer et la proclamation de la liberté du commerce.

Vous venez d’entendre un résumé des événements et activités qui ont marqué l’histoire de l’Union nationale métisse. Les membres de l’Union on fait beaucoup et ceux qui la dirigèrent se sont dévoués sans compter. A certains d’entre eux, nous devons une reconnaissance toute spéciale pour avoir fait connaître l’histoire de la race métisse. Nous devons notre sincère gratitude à ceux qui sont disparus tel que Roger Goulet, Samuel Nault, Guillaume Charrette et autres aussi bien qu’à ceux qui ont travaillé avec eux.

Aujourd’hui, c’est une autre génération qui dirige nos activités, une génération qui a repris l’œuvre de ceux qui l’ont précédée et qui suivra leurs pas, inspirée par le passé, elle marchera vers l’avenir.


CAMILLE TEILLET
31 octobre, 1953